L’HISTORIQUE DE L’ANE BOURBONNAIS


LA PROVINCE BOURBONNAISE


D’abord situons la province Bourbonnaise. Cette province, nichée au coeur de la France, entre les volcans d’Auvergne et la vallée de la Loire, est composée principalement de l’actuel département de l’Allier.

Autrefois, cette province chevauchait la partie sud du département du Cher nommée «Le Boischaut», effleurait la partie Nord du Puy de Dôme et mordait sur l’extrême sud du département de la Nièvre.

L'ane Bourbonnais puise ses origine principalement dans le département de l'Allier, jusqu’au Nord du Massif Central, c’est-à-dire, la région Auvergne. Cette province a connu son apogée au XVème siècle avec l’extension vers le Farez et le Beaujolais.
La province Bourbonnaise possède une forêt magnifique et historique que l’on appelle «Forêt de Tronçais».

Ancienne propriété des Ducs de Bourbon, la forêt de Tronçais a été confisquée et réunie à la Couronne en 1528 par François 1er, après la révolte de Charles III, Duc de Bourbon, Connétable de France. C’est depuis cette confiscation que la forêt appartient à l’état.

L’HISTORIQUE DE L’ANE BOURBONNAIS
Au cœur du Bourbonnais, à Meillers, arrondissement de Moulins et canton de Souvigny, l’âne est identifié dans l’église Saint Julien, édifice roman datant du début du XIIéme siècle.

Il est représenté sur une frise où entrelacs et animaux décorent les corbeilles; à droite on voit un lion jouant de la vielle et un âne jouant de la harpe.


Pour le Professeur THERET, cité par F. SPINDLER : « l’âne est un réactif de la pauvreté » et, par conséquent, l’âne peut être considéré comme le cheval du pauvre.


C’est en effet dans la structure sociale de la population agricole que l’on peut trouver une explication de la répartition de l’âne telle qu’elle apparaît sur les cartes de 1862, 1892, 1929. Elles démontrent l’implantation d’une forte population asine dans le département de l’Allier.

 


Au milieu du siècle dernier vers les années 1860, l’activité agricole était largement prédominante en France. A cette époque, l’Allier, région agricole du bocage bourbonnais, est dominé par le métayage. C’est ainsi que le métayer, aux revenus modestes, ne pouvait acquérir un cheval, tant par manque de moyen financier que par déférence vis-à-vis de son propriétaire. Le cheval était une monture réservée au propriétaire.



Le métayer utilisait l’âne pour le travail de la terre et pour ses déplacements. Dans le système du métayage, c’est le propriétaire qui fournit le cheptel au métayer. Les bovins servent souvent pour la traction, alors pour se déplacer, le métayer va s’acheter un âne. Seul l’âne était une monture économique et rustique que le métayer pouvait s’offrir.
De par sa taille moyenne, sa morphologie massive et ses membres solides et osseux, l’âne Bourbonnais pouvait exécuter la plupart des travaux agricoles. Il assure les tâches de labourage, de hersage et de fenaison sur de petits lopins de terre travaillés par le métayer.

Dans les communes de Chamberat, Huriel, Dommérat, La Chapelaude, toutes proches de Montluçon, s’étendait un important vignoble où les ânes étaient forts présents dans l’entretien des vignes. Ils furent également utilisés pour transporter l’eau et les produits phytosanitaires lors de l’attaque du Phylloxera.

A Dommérat, une collection de vieux accessoires et charrettes est exposée au musée. Ce matériel fut utilisé dans les vignobles du XIXème siècle et jusqu’à la moitié du XXème .

 

Des documents d’archives nous montrent que l’âne bourbonnais est très présent dans la vie quotidienne. En effet, en dehors du domaine agricole et viticole, nous retrouvons l’âne dans des secteurs d’activités les plus divers.

Dans la vie paysanne, la fermière l’utilisait pour se rend au marché et vendre ses légumes


Là, c’est la laitière qui utilise l’âne pour livrer ses bidons de laits.

C’était chose courante de croiser l’âne tirant une carriole, un tombereau ou une charrette. Il faut bien admettre que l’âne était, au XIXème et début du XXème siècle, le seul moyen de locomotion.

 

Au dédale des rues l’hiver, allaient et venaient le charbonnier livrant ses commandes à l’aide de son âne qui tirait la lourde charrette garnie de sacs de charbon ou de bois de chauffage, ou d’entendre « chaud les marrons et de voir surgir au coin de la rue le marchand de marrons lui aussi accompagné de son âne. C’était encore à l’âne à qui l’on demandait de transporter les meubles lors d’un déménagement. Lui encore, qui emmenait le médecin à travers la campagne pour visiter ses malades.

Toujours présent, même dans les moments de détente : le dimanche pour se rendre à la messe, pour la promenade dominicale à travers la campagne, ou à la fête du village. Il était de toutes les occasions et il faisait partie intégrante de la vie familiale.

Si vous visitez Moulins, vous découvrirez le quartier des maraîchers, dit aussi faubourg Chaveau, nom donné par une famille de Moulins. Ce quartier fut jusqu’à 1838 le quartier des asiniers. Les fameux lanciers de la rue Chaveau dont l’équipe légendaire précéda les éboueurs dans l’enlèvement des ordures ménagères.


Il était de tradition que les petits asiniers de ce faubourg chantent Noël un mois par an en assurant le service de voirie pendant le reste de l’année.

Un autre aspect de l’utilisation de notre âne Bourbonnais, le tourisme. Déjà à cette époque, notre âne Bourbonnais était utilisé pour des fins touristiques. En effet, Vichy, une des plus grandes villes de l’Allier, était réputée pour sa station thermale au début du XXème siècle. Durant leur cure, les curistes profitaient de leur temps de liberté pour visiter Vichy.


Et c’est en voiture à âne, qu’ils sillonnaient les vieilles rues, les parcs et les abords de l’Allier. D’autres lieux comme le casino et l’hippodrome étaient très fréquentés à Vichy, et pour s’y rendre il n’y avait qu’un seul moyen de transport : la carriole menée par des ânes.
C’est ainsi que nous pouvons dire que l’âne Bourbonnais fut le précurseur dans le domaine du tourisme et dans l’utilisation des loisirs.

 

 

 





.